jeudi 4 décembre 2014

20 conseils sur l’écriture

Il y a déjà un moment, j’avais fait une chronique sur le livre ‘’Ecriture’’ de Stephen King qui traitait de son métier et de son art. Un bouquin magnifique, par un auteur incroyablement talentueux, qui nous apprend avec des conseils, des anecdotes et pleins d’autres choses comment débuter et s’améliorer dans l’écriture. 
Comme je sais que, comme moi, de nombreux lecteurs sont aussi des écrivains, j’ai décidé de réunir les 20 conseils que je considère les plus importants pour vous aider en les expliquant et en les développent. Je finirai par les ‘’10 commandements’’ et les ‘’10 erreurs à éviter’’ que j’avais pris d’un magazine plus jeune (je ne me rappelle malheureusement plus lequel) et notés.

Voici les conseils de Stephen King et mes propres explications selon mon expérience dans le domaine (bien qu’elle ne soit pas de niveau professionnel, nous sommes d’accord):




L’écriture, avant toute autre chose, est un passe-temps, un talent que vous voulez utiliser, un talent qui se développe, comme nous le verrons ensuite. Penser aux éventuels lecteurs va bloquer votre imagination et vous empêcher de procéder comme vous le voulez. J’ai commencé à écrire sans savoir où j’allais, je pense que c’est ce qu’il se passe au début pour tout le monde. Une envie nous vient, donc on se met à écrire et souvent on le fait uniquement pour soi. Et c’est important au début, car il faut trouver son propre style, son propre ‘’genre favori’’, ses propres idées sans se soucier de ce que d’éventuels lecteurs voudront. Ensuite, quand tout cela est bien installé, vous devez penser à vos lecteurs. Quand vous êtes sûrs que vous voulez continuer sur cette voie, vous devez vous assurer que ceux qui liront votre texte ne trouverons pas ça, par exemple, trop barbant ou trop long ou encore trop ennuyeux. Vous devez pensez à eux dans la manière dont vous écrivez, mais sans changer votre style. C’est pour cela, pour éviter que les souhaits des lecteurs vous bloquent, que suivre ce conseil est important. 


Stephen King la juge trop molle. Je la juge un peu trop compliquée dans sa lecture et trop ‘’forcée’’. Par exemple: ‘’La nouvelle le surprit’’ a plus de force que ‘’Il fut surpris par la nouvelle’’. Il n’y a rien de mal à utiliser la forme passive, cela dépend de l’effet que vous voulez créer. Mais dans tous les cas, la première option dans l’exemple donnée a, à mon avis, plus d’effet. C’est court, mais clair, comme la surprise. 


Les adverbes, surtout les mots finissant par -ment, on a tendance à en mettre beaucoup dans nos textes. Pourtant, ils ne font que les ''alourdir’’. Stephen King déconseille surtout de les utiliser dans des dialogues. 
Exemple: 
- Je n’ai aucune idée d’où se trouve le corps, dit Jim calmement. 
a un effet différent de:
- Je n’ai aucune idée d’où se trouve le corps, dit Jim d’un ton calme. 
Relisez plusieurs fois ces phrases si vous avez du mal à comprendre. Ecrire ‘’dit Jim calmement’’ est trop facile. Il faut développer son vocabulaire pour réussir à formuler les actions d’une manière qui a plus d’effet. Ainsi nous enrichissons notre texte au lieu de l’alourdir. 

Il ne faut, tout simplement, pas exagérer quand vous écrivez. Il ne faut pas se lancer dans des phrases compliquées. Parce que, de un, ça ne plait pas au lecteur. C’est difficile à lire et ‘’lourd’’, or nous essayons toujours d’éviter cela. Puis, de deux, votre texte n’est pas là pour prouver que vous savez formez de bonnes phrases, mais pour raconter quelque chose. Ne vous écartez pas de votre idée principale - l’histoire - en allant trop vers la grammaire. Ne compliquez pas l’affaire en en voulant trop. Evitez tout ce qui fait perdre l’effet que vous voulez donner. 


En quelques mots, ayez confiance en votre style. Il est différent, mais cela ne signifie pas qu’il est faux. Si vous persistez, vous deviendrez expert dans votre propre domaine, un domaine unique. La confiance en soi est très important, dans n’importe quel art. Ce n’est pas pour rien que Stephen King parle de ‘’magie’’. L’écriture n’est pas facile et si vous vous en sortez, vous avez déjà une très grande capacité et il faut s’en rendre compte. 

C’est évident. Il faut apprendre des autres auteurs pour s’améliorer et se créer son propre style. Et c’est assez pratique parce que les exploit des ces écrivains vont vous inspirer et vous donner une leçon, mais aussi leurs erreurs. En lisant, vous allez vous mettre à la place d’un lecteur, comprendre ses attentes. L’écrivain joue très souvent un jeu de rôle pendant son travail. Il se met à la place de ses personnages, mais aussi à la place de ses lecteurs. C’est en lisant que vous vous cultiverez également plus et développerez votre vocabulaire, votre syntaxe et tout ce dont vous avez besoin. Ce n’est pas pour rien que les lecteurs sont souvent les plus forts en dictées ou en explications de texte: nous connaissons bien notre domaine. 

Ce conseil va un peu avec la première. Si vous avez trouvé votre style, gardez le. C’est très précieux. La chose la plus précieuse qu’un écrivain ait: son identité. N’allez pas vers des styles qui ne vous plaisent pas; vous ne ferez que ramer. N’ayez pas peur, ayez confiance en vous et en votre texte. 

Ou tout autre appareil électronique. J’ai toujours écrit dans mon salon, assise à la table à manger, juste à côté de la télévision allumée et ça ne me dérange pas vraiment. En tout cas, ça ne me fait rien quand je suis vraiment très inspirée (il y aurait toujours des jours où vous souhaiterez écrire, mais que l’inspiration ne vous viendra pas, d’autres où ce sera le contraire, d’auras où vous ne voudrez pas du tout écrire, d’autres où les idées viendront plus vite que les mots - quand ça m’arrive, j’écris une vingtaine de page en deux heures sans m’arrêter une seconde et j’écris tellement vite que mes lettres ressemblent à des monstres, tout comme mes mains toutes rouges à la fin, mais à part ça ce n’est pas un métier dangereux ou à grand risque je vous assure….) BREF. En gros, tant que ça ne vous déconcentre pas, vous pouvez même écouter de la musique (Arcade Fire m’inspire comme pas possible) si, par exemple, l’atmosphère ressemble à celui de votre livre où si vous arrivez à vous concentrer sur vos mot plutôt que sur les paroles. Mais en général, l’inspiration adore le silence et le silence la nourrit. 


Bon, je ne respecte pas cette règle. Je préfère la prendre dans ce sens: trois mois d’écriture. Parce que j’ai commencé mon projet actuel début août et j’y suis encore, mais j’ai arrêté d’écrire pendant deux mois (ce qui, ouf!, ne m’a pas arrêter quand j’ai recommencé. J’ai bien retrouvé l’univers et j’ai directement écrit une vingtaine de pages, je crois être devenue folle pendant quelques heures ce jour-là, parce que j’avais tellement d’idées que je n’avais plus de papier, alors j’ai continué sur le bas de la page puis sur les marges parce que je ne voulais pas me lever pour aller en chercher - là nous venons à un conseil improvisé: faite des pauses quand vous bloquez ou que vous n’avez pas envie, sans le savoir les idées travaillent encore, ou faites des pauses pour boire et manger…. quand même.)

Donc buvez, mangez, hein. Mais surtout, ayez un état émotionnel stable. Parfois, votre situation personnelle peut vous inspirer (comme moi dans ma période de dépression où j’ai écrit Dans les Bras de la Mort sur une fille suicidaire… je n’étais pas suicidaire, mais la tristesse était la même… ou dans une certaine période où j’étais victime d’hypocrisie, de moqueries silencieuses, j’ai écrit l’histoire de la Fantôme de la Rivière - oui LA fantôme - rejetée parce qu’elle est différence, en gros, même si c’est assez complexe) mais il ne faut pas que ça affecte trop votre manière d’écrire. Le lecteur ne doit avoir aucun signe de vous quand il lit. Seulement un narrateur, qui n’est jamais l’auteur je le rappelle. 


Choisissez bien vos mots et concentrez-vous. Ne vous précipitez pas, jamais, prenez votre temps. Même si les idées se bousculent dans votre esprit (si vous avez peur de les oublier, notez les tout simplement, mais quoi que ce soit, notez vos idées!!!). Le projet peut être très grand, mais vous avez tout votre temps. (J’ai envie de donner l’exemple d’une série, Sherlock, trois saisons qui sortent chacune tous les deux ans, et qui contiennent trois épisodes de 1h30, mais chaque scénario est absolument incroyable, d’un génie impossible que ça en vaut la peine. Tout ça pour dire que quand on prend son temps, le résultat est le meilleur que vous ayez pu faire, mais quand vous allez trop vite, vous vous retrouvez avec 23 épisodes dont uniquement 3 sont bien…. je ne sais pas si vous voyez le rapport….)

Vous allez souvent vous dire ‘’je veux faire mes descriptions comme ceux de Cornelia Funke, je veux raconter l’horreur comme Poe, je veux avoir un scénario incroyable comme celui de J.K. Rowling’’ (j’avoue c’est ce que je me dis tout le temps), mais le principal n’est pas de copier, mais de s’en inspirer pour développer votre style UNIQUE qui inspirera peut-être d’autres auteurs plus tard.

Fouillez dans votre culture générale, dans tout que vous avez vu, dans tout ce que vous savez, chaque information peut développer ceux de votre livre. Quand vous vous lancez dans un roman qui se passe au 19ème siècle, sachez dès le début comment la vie se déroulait à cet époque. Ne me sortez pas de téléphone au 18ème siècle par exemple. C’est un exemple évident et très simple. Mais le savoir aide pour la cohérence et la richesse de votre texte.

Le conseil de Stephen King: break de trois mois MINIMUM. Ça peut vous sembler énorme, mais c’est important. En restant loin de votre texte, vous allez l’oublier, vous allez passer en le relisant du statut d’auteur au statut de lecteur et je vous assure que l’effet est incroyable. Vous critiquez votre propre texte sans vous souvenir de l’avoir écrit. C’est magique. J’ai retrouvé un texte qui me semblait parfait et que j’avais écrit il y a un an seulement… et en fait c’était juste horrible. Mais ça peut aussi, au contraire, vous surprendre: votre écriture va vous sembler si bien que vous n’allez pas croire que ça vient bien de vous, ça aide énormément pour la confiance en soi (expérience personnelle!). 

L’écriture est un talent, oui, mais un talent qui se construit. Un chanteur n’a pas la même qualité de voix à ses débuts et après un certain temps. Ça change, ça s’améliore, ça se perfectionne, comme l’écriture. Un auteur apprend de ses propres erreurs, mais pour cela, il faut en faire justement. Donc on ne peut pas directement être un parfait écrivain, il faut travailler, essayer et surtout vouloir s’améliorer.

Retournons à la forme de votre texte. Le conseil est assez clair et vous pourrez vous rendre compte en lisant un livre, tout simplement. Un bloc de texte est agaçant même sans le lire et vous vous donnerez beaucoup de peine pour rien: le lecteur va sûrement passer très vite cette partie. 

Ne partez pas dans des phrases inutiles, qui expriment des idées inutiles. Il y a une différence entre raconter une scène en donnant un certain nombre de détail pour créer une hypotypose (effet qui nous donne l’impression qu’on y est et qu’on suit les événements en direct), et raconter une scène en donnant des détails sur beaucoup trop de choses inutiles. Vous pouvez vous permettre d’en donner sur certains objets sans importances comme ‘’une lampe était posée sur la table’’ mais pas ‘’une lampe rouge était posée sur la grande table dont un pied était cassé’’, c’est trop long et trop lourd, pas assez naturel. Là je vous parle d’expressions superflus dans une description. Mais ce que Stephen King nous dit c’est de ne pas écrire trop et inutilement. Malheureusement, beaucoup de livres modernes ne respectent pas cette idée et c’est sûrement pour ça que je me lasse très vite de certaines lectures.


C’est très important. La description est une partie compliquée et souvent décisive: elle est l’occasion pour l’auteur de montrer de quoi il est capable. Mais justement, il ne faut jamais en montrer trop pour faire connaitre votre talent. Il faut maitriser la description mais ne jamais oublier le lecteur: si vous donnez les pistes pour qu’il puisse se faire une image approximative du personnage, il ne faut jamais l’empêcher de compléter la description et de créer le reste dans sa propre imagination pour se sentir plus proche de l’histoire et plus investi dans celle-ci. Contentez-vous de la description de l’aspect général, des cheveux, de la forme du visage, des yeux, du corps, de sa taille, mais ne dites jamais les mesures complètes, ou n’indiquez pas que le menton est à cinq centimètres du nez, à part si cela est censé créer un effet. La description, comme je l’ai dit, est compliquée et c’est en pratiquant, en relisant vos textes (après trois mois!) que vous allez vous améliorer. Personnellement, je crois avoir trouvé la bonne voie et mon propre style dans ce domaine là.


Si c’est possible. Pour s’améliorer et ne pas perdre le fil. Pour pratiquer le plus possible, pour que ça vous vienne de plus en plus naturellement. Quand on écrit, il faut se concentrer, mais jamais trop. Ne réfléchissez pas trop à comment vous allez formuler cette phrase, n’allez pas chercher la perfection, écrivez la comme elle vous vient, et ça va vous venir de plus en plus naturellement avec de la pratique. Mon expérience personnelle en témoigne.  Si un certain jour vous n’avez pas envie d’écrire, ne le faites pas car:



Ne vous obligez pas à le faire, car comme je l’ai dit, l’imagination est bloquée quand on se force. Et si vous n’êtes pas heureux en écrivant, vous écrirez mal. Si vous n’en prenez aucun plaisir, jamais, vous n’êtes pas fait pour ça. Si vous n’en prenez aucun plaisir, juste à une certaine période, arrêtez un moment et recommencez quand ça vous reviendra, comme je l’ai dit plus haut. C’est souvent la fatigue qui vous empêche d’en avoir envie, c’est exactement ce qui m’est arrivé les deux mois suivant la rentrée et ce qui m’arrive ces jours-ci, période des grandes épreuves semestrielles qui s’approchent. Bref, l’écriture, avant un métier, n’est qu’une partie de plaisir.



Après ces 20 conseils et mes longues explications, passons maintenant à deux autres listes, très courtes qui concernent plus la publication de votre livre, et le travail à faire pour réussir à l’envoyer à un éditeur et le faire publier. Comme je l’ai dit plus haut, les conseils viennent d’un magazine.








En espérant que cet article (que j’ai pris trois jours à peaufiner et compléter ^-^) vous ait plus, qu’il est suffisamment complet et que ça vous aide, je vous dis à la prochaine pour de nouvelles chroniques! N’hésitez pas à poser vos questions sur l’écriture en général, vous pouvez également m’envoyez vos textes pour avoir un avis, j’essayerais d’aider avec l’expérience que j’ai acquis au fil de 4 années d’écriture intensive! :)

Edit: La deuxième partie de cet article, 20 autres conseils d'écriture est là. Jetez-y un coup d'oeil pour plus de détails et de conseils!

7 commentaires:

  1. Merci pour tous ces conseils ! Je suis tombée sur ce blog tout à fait par hasard, sans vraiment chercher de conseils sur l'écriture, mais il se trouve que j'aime écrire et que votre article me sera sûrement précieux. Je n'ai encore jamais écrit de longues histoires en entier (seulement des nouvelles, mais peu !) et je tâcherai de me souvenir de tout cela. :)

    Je m'en vais découvrir les autres articles du blog puisque ce billet m'en a donné envie.

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    1. Ça me fait très plaisir de t’avoir aidé! :D
      J’espère que tu réussiras à mettre les conseils en pratique et à écrire de plus en plus et de mieux en mieux! ^-^

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  2. Ton article est passionnant! J'écris également et ai terminé récemment ce qu'on pourrait appeler un "essai de roman" et les grands principes que tu expliquent correspondent pour beaucoup à des choses que j'ai découvertes petit à petit . Bon après je ne suis pas d'accord avec tout mais bon (par exemple les dix commandements de l'écriture doivent dater car aujourd'hui presque toutes les maisons d'édition demandent de recevoir les manuscrits par mail...).

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    1. Oui ça date un peu! ^-^
      C’est normal que tu ne sois pas d’accord avec tout, c’est l’avis de Stephen King et le mien, c’est à l’écrivain de créer ses propres règles, ceux-là ne sont que des conseils! :)
      Contente que ça t’ait plu!

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    2. Coucou ! Avec une blogueuse partenaire, 100% lecture, on organise un concours d'écriture et de photographie sur le thème du voyage et de l'aventure. Comme tu aimes écrire, je me suis dit que cela t'intéresserait surement. Voilà le lien : http://lespepitesdejacklondon.com/2015/03/30/concours/

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  3. Merci pour tes ces conseils, c'est bien présenté et très utile !

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  4. Ton article est très instructif. Je pense que je vais m'inspirer de tes conseils ( et de ceux de Stephen King ) pour écrire mon roman ;)
    victor

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